TOUCH FRANCE La Fédération nationale de Touch Rugby

Focus sur… les écoles de touch

27 décembre 2021

Touch France a fêté récemment ses 20 ans d'existence. Si le touch est une pratique émergente encore dans l'ombre de ses cousins de l'ovalie, le développement de notre Fédération se caractérise par une dernière décennie de croissance continue, notamment grâce aux jeunes joueurs et joueuses. En effet, depuis 2014 et l'ouverture de la première école de touch du TR 83 à Toulon, de nombreux clubs ont ouvert leurs portes aux enfants, si bien que les mineurs représentent aujourd'hui 20% des licenciés Touch France.  Mais une école de touch, comment ça fonctionne ? 

Nous sommes allés à la rencontre de quatre clubs pour en apprendre plus sur leur projet, mais également pour vous proposer une vision de l'intérieur de la vie d'une école de touch. 

 

  • De quel club venez-vous, et quel est votre rôle ?

Jean-Jérôme Chaffaut, 49 ans : Je suis joueur, secrétaire de Touch Azur, et également un des coachs de notre école de touch. Après de longues années de judo, j'ai découvert le touch à 40 ans sur la commune de Saint-Laurent du Var.

Marianne Nicolle, 50 ans : Je suis coach de l'école de touch des Volcanic à Beaumont (région clermontoise), responsable plus particulièrement des U12.

Amélie Catelot, 34 ans : Je suis secrétaire des Lions de Touch Strasbourg, et co-fondatrice / co-responsable des lionceaux, l'école de touch de Strasbourg.

Bastien Vaïsse, 31 ans : J’ai joué à plusieurs sports collectifs, dont le rugby, avant de devenir joueur de touch il y a quelques années et je suis cofondateur de l'école de Toulouse Touch.

  • Quand a été créée l'école de touch ? Comment le projet est-il né ?

Jean-Jérôme : L'école de Touch Azur a été créée en 2016. En arrivant à la présidence du club il y a six ans, Jérôme Clenet a impulsé le projet de faire pratiquer le touch aux jeunes pour développer le club. Le TR 83, notamment au travers d'Eric Grimaldi, nous a aidé à nous lancer, puis on s'est débrouillé en échangeant avec les clubs, et piochant des exercices à droite, à gauche, en les adaptant à nos publics. On a commencé avec 17 jeunes, principalement des enfants de joueurs/joueuses du club, qui nous ont ensuite ramenés leurs copains.

Marianne : L'école de touch des Volcanic a vu le jour au début de la saison 2017/2018. La demande est venue de la part des toucheurs et toucheuses du club dont les enfants souhaitaient pratiquer le même sport que leurs parents. C'est d'ailleurs comme ça que je me suis naturellement retrouvée à y participer : mes enfants faisaient partie des premiers licenciés. Aujourd'hui, nous la gérons à deux avec Xavier, mon mari.

Amélie : Notre première saison a été la saison 2019/2020, saison amputée par l'arrêt des pratiques dans le contexte sanitaire. Après avoir vu des matchs de démonstrations des écoles de touch des Touch Roosters 91 et de Touch Voglans, Thibault Zettel et moi avons compris la nécessité de pouvoir ouvrir une section jeune afin de pérenniser l'activité de notre club à moyen terme, ainsi que pour nous développer par le nombre de licenciés. Nous avons eu l'occasion d'échanger et de nous appuyer sur les expériences d'Arnaud Leveque, des coachs du club de Luby et de plusieurs clubs du Sud. Nous avons principalement recruté les premiers enfants sur les forums des associations, auprès de parents attirés par la dimension inclusive et sécuritaire de notre sport mixte et sans plaquage.

Bastien : Nous avons créé l'école de touch de Toulouse cet été, et nous sommes actuellement dans notre première saison sportive ! Au travers de mes expériences de joueurs de sports collectifs, j'ai réalisé l'importance d'une section de jeunes pour créer un esprit de club familial, ce qui permet de faire grossir les clubs. Avec Marine Nury, nous avons donc décidé de proposer à notre club de créer cette section jeune. Nos dirigeants et adhérents ont soutenu notre projet, qui a donc pu se concrétiser à la rentrée.

Le premier stage de Noël de l'école de Touch Azur, en décembre 2020, ici avec l'encadrant Julien Laffite

  • Comment vit l'école aujourd'hui ?

Jean-Jérôme : Notre école de Touch compte aujourd'hui environ 35 enfants, entre 5 et 17 ans. On s'entraîne le samedi matin, en partageant le terrain en plusieurs parties. Pour nos tout-petits, qui sont cinq, c'est un peu comme du baby-rugby : on fait des petits exercices ludiques en essayant de les faire manipuler un ballon ovale, et on change très souvent d'exercice pour maintenir leur attention. Nous sommes aujourd'hui une équipe de six coachs, avec toujours un minimum de trois personnes présentes sur chaque entraînement. Le travail des dernières années porte ses fruits, puisque huit de nos jeunes ont été retenus dans les pôles France U15 et U18, ce qui est gratifiant pour nous. Les jeunes commencent à pousser les séniors vers la sortie, ce qui est une très bonne chose !

Marianne : Nous avons une douzaine de jeunes joueurs, répartis entre les U12 et les U15. Notre chance est que les U12 n'ont pas moins de 10 ans, ce qui évite de trop grandes différences entre les joueurs, on peut donc les faire jouer ensemble. Pour l'instant, nous sommes la seule école de Touch dans la région clermontoise, donc nos jeunes n'ont pas l'occasion de faire des compétitions souvent. Pour pallier ce manque, nous organisons toutes les six semaines (avant chaque période de vacances) un match contre nos séniors débutants. Ils adorent ça ! Pour nous développer, nous sommes intervenus auprès de quatre classes de collège. Partageant le terrain de l'école, le rapprochement s'est fait naturellement avec les professeurs de sport, et nous avons réalisé un cycle de quatre séances, pour présenter nos sport aux élèves et pour former les professeurs, afin qu'ils l'enseignent.

Amélie : Nous avions quatre licenciés au démarrage en 2019, aujourd'hui nous sommes 30. Nous nous entraînons le samedi matin avec à l'heure actuelle une dizaine de coachs. Nous sommes deux co-responsables avec Stéphane Jung à être présents à chaque entraînement, et nous effectuons un roulement pour être au minimum quatre encadrants à chaque fois. En début de semestre, nous tenons un Google Sheets (classeur Excel collaboratif) afin de permettre à nos coachs de renseigner leurs présences, pour s'organiser. Nous communiquons grâce à un groupe de conversation sur WhatsApp. Chaque semaine, j'écris la séance et je l'envoie le mercredi, pour pouvoir discuter et répondre aux questions le jeudi soir à l'entraînement des seniors. De cette façon, tout le monde est prêt pour l’entraînement du samedi. Nous gardons un recueil de nos exercices sur un Drive dédié pour avoir une base de travail en cas de panne d'inspiration. 

Bastien : Pour notre première saison, nous avons 7 enfants, que nous avons pu recruter en participant à Toulouse Plage tout l'été. Nous avons l'appui du club de Sau'touch (Saudrune, périphérie toulousaine), qui envisage également de créer une section pour les jeunes : ils nous aident à entraîner, nous donnent des idées, et nous ont invités à participer au tournoi des Sau'six en début d'année. Cela nous permet de monter à une équipe de dix coachs et d'organiser un roulement. Nous avons mis en place des fiches de séances avec des petits comptes-rendus une fois la séance terminée, afin que tous les coachs soient au courant des exercices qui ont fonctionné ou non, mais également des relations entre les joueurs. Le public de cette première année était la grande inconnue en nous lançant : nous avons aujourd'hui des joueurs âgés de 8 à 10 ans, que nous espérons former pour participer au Supertouch Académies d'ici une ou deux saisons. 

Amélie Catelot, Stéphane Jung, et les lionceaux de Strasbourg lors du match de gala les opposant à une sélection Barbarians du tournoi de Strasbourg

  • A quelles difficultés avez-vous été confrontées ?

Jean-Jérôme : Nous sommes affiliés au Stade Laurentin Rugby, qui ne souhaitait pas que l'on crée l'école de touch au même endroit pour éviter de concurrencer leur école de rugby. Nous nous sommes donc délocalisés à La Gaude et Saint Jeannet, où il a fallu dans un premier temps s'entendre avec l'équipe de football avec qui on partageait le terrain. Ça n’a pas été un problème longtemps, car les élus locaux voyaient dans le touch une pratique alternative pour tous, qui leur permettait de ne plus proposer uniquement du foot dans leur paysage associatif sportif.

Marianne : Au-delà du recrutement des enfants, notre difficulté principale est le choix d'un créneau d'entraînement. Nous hésitons encore parmi les créneaux disponibles, pour arranger à la fois les enfants, leurs parents, mais aussi nos coachs

Amélie : La principale difficulté que je ressens est de parvenir à investir tout le monde au même niveau que nous. On aimerait, dans l'idéal, avoir les enfants et tous les coachs présents à tous les entraînements et toujours à 100%. Mais si ce n'est pas un gros problème en soi, on voudrait surtout le généraliser aux parents : leur faire comprendre que c'est compliqué pour tout le monde quand leurs enfants sont en retard à l'entraînement, que même quand il pleut, leurs jeunes ont envie de jouer (et qu'on fait un sport collectif, donc si tout le monde reste à la maison l'hiver, ça va être dur de s'entraîner). Mais notre club nous soutient, ce qui fait que ces aspects sont finalement secondaires.

Bastien : Je dirai que la principale difficulté est venue des attentes qu'on avait avant de commencer : je m'imaginais pouvoir très vite faire des petits matchs et jouer au touch comme avec les grands, avec des jeunes de 12/13 ans, voire plus. Il a fallu prendre du recul sur ces attentes pour adapter nos contenus d'entraînements à des joueurs plus jeunes.

Les premiers entraînements de l'école de Touch Toulouse, avec Bastien Vaïsse et Marine Nury

  • Qu'est-ce que ça vous a apporté sur le plan personnel ? Au club ?

Jean-Jérôme : C'est très enrichissant de pouvoir transmettre aux enfants, j'ai appris beaucoup sur moi-même. Nous sommes les coachs, mais c'est parfois les enfants qui nous font progresser en tant que personne. J'ai même trouvé parfois plus stressant d'être entraîneur que d'être joueur !

Marianne : L'école de touch est devenue une véritable filière de formation : plusieurs de nos joueurs ont été retenus au Pôle France, cela permet de relever le niveau. L'effet sur la qualité des entraînements s'en ressent. De plus, cela nous a permis d'augmenter nos effectifs, car certains enfants nous ont permis de recruter leurs parents, et inversement.

Amélie :  J'ai toujours été en contact avec les enfants à travers l'animation, donc c'était naturel pour moi de créer cette école, mais la satisfaction est toujours la même de voir les enfants et leurs parents avoir la banane sur le terrain et en repartant de l'entraînement, c'est très valorisant. Apprendre à gérer un groupe sur le terrain mais également un groupe de coachs est intéressant. Et je tire une vraie satisfaction de voir que grâce à ces jeunes, mon club et mon sport vont perdurer.

Bastien : Même avec peu d'enfants, l'impact positif qu'on a chez eux est le résultat de notre investissement. Que ça soit au stage auquel Toulon nous a invités, ou en leur offrant des maillots pour Noël, chaque sourire est valorisant.

Les jeunes Volcanics à l'entraînement sous la supervision de Xavier et Marianne Nicolle

  • Quel serait votre conseil pour commencer ?

Jean-Jérôme : Cherchez à entrer en contact avec des écoles déjà existantes, les tournois adultes sont un très bon moyen pour échanger.  Il ne faut pas s'arrêter à chaque question, on trouve toujours des solutions, et au final on ne retient que le positif.

Marianne : Pour commencer, je dirai que le mieux est d'avoir une équipe de 3, voire 4 coachs minimum. Après, il faut se lancer !

Amélie : C'est important de s'entourer de gens qui ont envie. Soyez également présents sur le maximum d'événements comme les forums d'associations, ou en organisant des journées de découvertes. Notre recrutement vient de là, puis les enfants ont été nos ambassadeurs, ce qui a créé un effet boule de neige.

Bastien : Ça prend du temps et il faut s'organiser en amont. C'est vraiment un projet de club, il faut investir le plus de gens possible pour être soutenu. Ça peut paraître compliqué, mais ça l'est moins qu'on ne se l'imagine, il faut oser !

  • Un dernier mot ?

Jean-Jérôme : Bien que ça arrive de s'arracher les cheveux à expliquer certains exercices aux enfants, quand ils y arrivent, c'est très gratifiant, c'est une super récompense.

Marianne : Je suis très fière de nos jeunes et de leurs progrès, et j'ai hâte de retrouver tout le monde aux Supertouch Académies au printemps ! Encadrer, c'est la vie !

Amélie : Nous avons hâte aux Supertouch Académies pour pouvoir enfin faire nos premiers matchs officiels et mesurer nos progrès. N'hésitez pas à tenter l'aventure, ce n'est que du bonheur !

Bastien : Cela demande du temps et de l'investissement, mais ça en vaut largement la peine !

Festival régional des écoles de touch, organisé à Toulon par la Ligue Touch Provence, et qui a rassemblé les jeunes de Touch Luby, Touch Azur et du TR 83

Merci à Jean-Jérôme, Marianne, Amélie et Bastien pour nous avoir accordé du temps afin de nous présenter leur travail avec les jeunes. Si nous avons pris l'exemple de ces 4 écoles de touch, les acteurs du développement de notre pratique chez les jeunes sont nombreux en France, et leur nombre augmente de saison en saison. 

N'hésitez donc pas à pousser la porte des écoles de touch pour les rejoindre, en proposant à vos enfants d'essayer ou en leur prêtant main forte. La carte des clubs du site Touch France vous permet de trouver un club disposant d'une école près de chez vous. Si vous souhaitez créer une école de touch et que certaines interrogations persistent, envoyez-nous votre projet en détail à l'adresse developpement@touchfrance.fr

Bonne trêve hivernale à tous, au plaisir de vous revoir sur les terrains en 2022 !

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